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En Sicile, on ne peut parler d’épicerie fine, de production vinicole et de création artistique sans évoquer toutes les influences laissées dans ces domaines par la succession de civilisations qui ont marqué pour toujours le quotidien sicilien.
La « sicilianité » est le fruit de l’installation grecque et romaine, byzantine puis normande, angevine et espagnole, elle se traduit aujourd’hui par une cuisine d’une grande richesse et d’une grande complexité, par une production vinicole caractérisée par plus de 20 AOC et développée sur les côtes occidentales, les collines et montagnes de la chaîne des Madonies, sur les côtes orientales et sur les monts volcaniques de l’Etna et des îles éoliennes, sans oublier la fameuse île de Pantelleria, ansi que par un artisanat florissant notamment dans le travail des terres cuites et des céramiques.
L’huile d’olive enfin reste la vitrine de l’agriculture sicilienne avec des procédés artisanaux : des olives ramassées manuellement et amenées aussitôt au pressoir, l’huile est mise dans des cuves d’acier avant la mise en bouteille et la commercialisation.
Enfin l’importance de la mer, même si longtemps les Siciliens lui ont tourné le dos, se traduit par la présence non négligeable du poisson dans l’art culinaire sicilien : l’espadon bien sûr que l’on mange grillé tranché, en paupiettes ou encore dans les pâtes mais aussi les sardines que l’on retrouve dans la fameuse pasta con le sarde (pâtes aux sardines) véritable plat aux senteurs mauresques qui allie le poisson au fenouil et aux raisins secs. Les anchois aussi jouent un grand rôle et méritent le détour même pour ceux qui n’en consomment pas habituellement, ils ont une saveur et un moelleux tout autre à celui que nous connaissons en Europe du nord.
La Sicile a toujours été le grenier nourricier de l’Italie et sa culture du blé et des primeurs sans oublier les agrumes et les oliviers sont encore aujourd’hui les fleurons de l’agriculture italienne.
Nous terminerons ce voyage au pays des mille et un délices, par un clin d’œil fait aux chocolatiers de la Sicile Orientale qui là encore ne manquent pas de talent et d’imagination et aux torrefacteurs qui eux seuls ont le secret de ce breuvage du sud que certains appellent café mais qui tient plus du nectar ou du sirop que cette boisson chaude que nos bars distillent à longueur d’année…